— L'essentiel en 5 lignes

Vous effectuez des déplacements professionnels avec votre véhicule personnel. Votre société vous rembourse au barème kilométrique officiel.

  • Côté société : charge déductible de l'IS, comme n'importe quelle note de frais.
  • Côté dirigeant : remboursement exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales.
  • Condition : utiliser le barème publié par l'administration et tenir un carnet de bord.
  • Limite : le barème couvre forfaitairement l'amortissement et le carburant — il peut être insuffisant pour un véhicule récent de valeur.

01 — Le principeUn remboursement de frais, pas un revenu

Le remboursement d'indemnités kilométriques (IK) repose sur un principe simple : le dirigeant avance les frais de déplacement professionnel (carburant, usure du véhicule, assurance), et la société les lui rembourse sur la base d'un barème forfaitaire publié chaque année par l'administration fiscale (impôts.gouv.fr).

Juridiquement, il s'agit d'un remboursement de frais professionnels et non d'une rémunération. Cette qualification est déterminante : elle sort les IK du champ de l'impôt sur le revenu et de l'assiette des cotisations sociales, à condition de rester dans les limites du barème et de justifier la réalité des déplacements.

— Base légale

Les IK sont admises en déduction pour les salariés et dirigeants qui optent pour les frais réels (article 83-3° du CGI). Pour la société, elles constituent des charges déductibles du résultat fiscal au titre des frais généraux (article 39 du CGI), dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt de l'entreprise et justifiées.

02 — Le barème 2026Les chiffres applicables

Le barème kilométrique est actualisé chaque année par arrêté ministériel. Il distingue la puissance fiscale du véhicule et trois tranches de kilométrage annuel. Pour les voitures :

Puissance fiscale ≤ 5 000 km 5 001 – 20 000 km > 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

d = distance en kilomètres. Source : barème publié par l'administration fiscale, applicable aux revenus 2025 (déclaration 2026).

Les deux-roues disposent de leur propre barème (puissance en cm³, taux distincts). Les véhicules électriques bénéficient d'une majoration de 20 % sur le montant obtenu par application du barème standard.

03 — Exemple chiffré15 000 km professionnels, véhicule 5 CV

Hypothèses : dirigeant d'une SAS soumise à l'IS 25 %, TMI 30 %. Véhicule personnel de 5 CV fiscaux, 15 000 km professionnels dans l'année. Tranche applicable : 5 001 – 20 000 km.

Calcul de l'indemnité : (15 000 × 0,357) + 1 395 = 5 355 + 1 395 = 6 750 €

Montant (€) Commentaire
IK versées par la société 6 750 Charge déductible côté société
Économie d'IS (25 %) −1 688 Réduction d'impôt sur les sociétés
Coût net pour la société 5 062 Sortie réelle de trésorerie
IK perçues par le dirigeant 6 750
IR sur les IK 0 Exonéré (remboursement de frais)
Cotisations sociales sur les IK 0 Exonéré dans la limite du barème
Net en poche du dirigeant 6 750 100 % du montant versé

La totalité des IK atterrit dans la poche du dirigeant sans frottement fiscal. Pour obtenir le même résultat via un salaire (assimilé salarié SAS, charges patronales ~45 %, charges salariales ~22 %, IR 30 %), la société devrait sortir environ 15 000 à 16 000 € de trésorerie. L'écart est significatif — mais reste moindre que sur le montage location pour des loyers élevés.

04 — IK ou location ?Comment choisir entre les deux régimes

Les indemnités kilométriques et la location du véhicule à la société sont mutuellement exclusives sur un même véhicule. Le choix dépend principalement de trois paramètres :

— Règle d'exclusivité

On ne peut pas percevoir des IK et louer le même véhicule à la société. La société choisit : soit elle verse des IK (couverture forfaitaire amortissement + carburant), soit elle prend le véhicule en location et supporte les frais d'usage séparément.

Les IK sont plus avantageuses quand…

  • Le kilométrage annuel est modéré (moins de 10 000 km/an) : les IK couvrent alors correctement les frais réels.
  • Le véhicule est ancien et amorti : son coût réel est faible, le barème génère un surplus.
  • La mise en œuvre doit être rapide et simple : pas de convention réglementée, pas d'AG, pas de contrat de location.
  • Le dirigeant est un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, ou un dirigeant assimilé salarié de SAS : même traitement, procédure allégée.

La location est plus avantageuse quand…

  • Le véhicule est récent et de valeur : le loyer de marché peut dépasser significativement le barème IK.
  • Le kilométrage professionnel est élevé : au-delà de 20 000 km/an, le barème IK est plafonné et peut devenir insuffisant.
  • Le dirigeant a un TMI élevé (41 % ou 45 %) : l'avantage micro-BIC sur la location devient très significatif.
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05 — Les conditionsCe qui sécurise le dispositif

1. Respecter le barème officiel

Le remboursement doit rester dans la limite du barème kilométrique publié par l'administration. Un remboursement supérieur au barème est traité comme un avantage en nature pour la fraction excédentaire : imposable à l'IR et soumis à cotisations sociales. Il reste déductible pour la société si la dépense est justifiée, mais génère un frottement fiscal inutile pour le dirigeant.

2. Justifier les déplacements

Tenir un carnet de bord détaillant pour chaque déplacement : la date, l'itinéraire (commune de départ et d'arrivée), le kilométrage, le motif professionnel (nom du client, nature de la mission). Ce document est la pièce maîtresse en cas de contrôle fiscal. L'absence de justificatif expose à la requalification de l'intégralité des IK en avantage en nature.

3. Utiliser un véhicule personnel

Les IK rémunèrent l'usage d'un véhicule appartenant personnellement au dirigeant. Un véhicule détenu par la société ne donne pas droit aux IK — il est mis à disposition gratuitement ou avec avantage en nature. Un véhicule en leasing au nom personnel du dirigeant est éligible.

4. Cas particulier du gérant TNS de SARL

Pour le gérant majoritaire ou égalitaire de SARL (statut TNS), la déduction des frais réels s'opère dans le cadre de la rémunération imposée à l'IR dans la catégorie des traitements et salaires (article 62 du CGI). Le traitement est identique à celui d'un salarié : remboursement au barème → exonéré, remboursement supérieur au barème → avantage en nature imposable.

06 — La mise en œuvreLa checklist concrète

  1. Vérifier que le véhicule est bien à votre nom (carte grise personnelle).
  2. Identifier la puissance fiscale du véhicule (mentionnée sur la carte grise, rubrique P.6).
  3. Mettre en place un carnet de bord (papier ou application dédiée) dès le premier déplacement.
  4. Calculer l'indemnité mensuelle ou trimestrielle selon le barème en vigueur.
  5. Émettre une note de frais interne récapitulative (date, km, motif) que la société conserve.
  6. Enregistrer le remboursement en comptabilité (compte 6251 « Voyages et déplacements » ou 625 selon le PCG).
  7. Ne pas cumuler avec une location du même véhicule à la société.
  8. Réviser chaque année : vérifier que le nouveau barème est appliqué dès le 1er janvier.

07 — En résuméCe qu'il faut retenir

Les indemnités kilométriques constituent le dispositif le plus simple pour monétiser l'usage d'un véhicule personnel dans le cadre de l'activité de votre société. Exonérées d'IR et de cotisations, elles offrent un rendement brut de 100 % pour le dirigeant — sans convention réglementée, sans AG, sans montage juridique particulier.

Leur limite principale : le barème est forfaitaire et peut sous-estimer le coût réel d'un véhicule récent ou sous-valoriser un kilométrage important. C'est là que la location du véhicule à la société prend le relais, avec un avantage plus marqué pour les dirigeants à TMI élevé. Les deux dispositifs sont complémentaires — ils s'appliquent rarement au même véhicule, mais souvent à des véhicules différents d'un même dirigeant.

08 — Questions fréquentesFAQ : indemnités kilométriques dirigeant

Un dirigeant peut-il percevoir des indemnités kilométriques de sa propre société ?

Oui, pour tous les déplacements professionnels effectués avec un véhicule personnel. Le remboursement au barème kilométrique est exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales pour le dirigeant, et constitue une charge déductible pour la société.

Quel barème kilométrique s'applique en 2026 ?

Le barème 2026 distingue la puissance fiscale du véhicule et trois tranches kilométriques. Pour un véhicule 5 CV et 15 000 km professionnels : (15 000 × 0,357) + 1 395 = 6 750 €. Le barème est actualisé chaque année par arrêté ministériel — vérifier la dernière version sur impôts.gouv.fr avant chaque déclaration.

Les indemnités kilométriques sont-elles soumises à l'impôt sur le revenu ?

Non. Les remboursements au barème ne constituent pas un revenu imposable. Ils sont exonérés d'IR et de prélèvements sociaux, à condition de ne pas dépasser le barème officiel et de justifier les déplacements par un carnet de bord.

Peut-on cumuler les IK et la location du véhicule à la société ?

Non. Les deux régimes sont mutuellement exclusifs sur un même véhicule. La société choisit : soit elle verse des IK (couverture forfaitaire amortissement + carburant), soit elle loue le véhicule au dirigeant. En revanche, un dirigeant peut louer un véhicule à sa société et percevoir des IK pour un autre véhicule lui appartenant.

Les IK sont-elles plus avantageuses que la location du véhicule ?

Cela dépend du kilométrage et de la valeur du véhicule. Pour un kilométrage modéré ou un véhicule ancien, les IK sont souvent plus simples et suffisantes. Pour un véhicule récent de valeur élevée ou un TMI à 41–45 %, la location génère un avantage supérieur. Notre simulateur compare les deux en quelques clics.

Faut-il un justificatif pour percevoir des IK ?

Oui. Un carnet de bord (date, trajet, kilométrage, motif professionnel) est indispensable. En cas de contrôle fiscal, c'est la pièce qui valide l'exonération. Sans justificatif, les IK peuvent être requalifiées en avantage en nature imposable.

— Sources officielles
  1. Légifrance Article 39 du CGI — déductibilité des frais généraux engagés dans l'intérêt de l'entreprise.
  2. Légifrance Article 83-3° du CGI — déduction des frais réels pour les salariés et dirigeants assimilés.
  3. Légifrance Article 62 du CGI — régime fiscal des gérants majoritaires de SARL.
  4. Impôts.gouv.fr Barème kilométrique — barème annuel publié par l'administration fiscale.
  5. BOFIP Bulletin officiel des finances publiques — série RSA-BASE (frais professionnels, déduction pour frais réels).
  6. URSSAF Indemnités kilométriques — traitement social des remboursements de frais de déplacement.
Cet article décrit un dispositif fiscal général. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. La mise en œuvre dépend de votre forme sociale, votre kilométrage réel, la puissance fiscale de votre véhicule et votre situation patrimoniale. Sources et taux applicables à la date de publication (mai 2026).